Outils administratifs pour l’année.

Voici la page où je regrouperai tous les fichiers que j’utiliserai au cours de la prochaine année.

Cahier d’appel informatisé

Voici mon cahier d’appel informatisé qui me permet de calculer automatiquement les absences des enfants. Je l’imprime tous les mois et le stocke dans mon classeur pour avoir à portée de main l’appel au cas où.

C’est un fichier créé avec libreoffice Calc, un tableur libre gratuit et très fourni au niveau documentation.


Cliquez sur l’image pour obtenir le fichier



Le passeport de la classe

Le passeport de la classe est un outil régulant les échanges dans la classe. C’est une simple feuille avec le prénom de l’enfant, décorée par son propriétaire et plastifiée.

il fonctionne très simplement:

1/ Un enfant rencontre un problème et ne trouve pas de solution, il a besoin d’aide.

2/ Il définit qui peut l’aider: enfant, adulte.

3/ La personne est occupée, l’enfant réclamant de l’aide pose son passeport près de la personne qui peut l’aider.

4/ Cette dernière sait qu’on la sollicite et ira aider quand elle sera disponible et rendra son passeport à l’enfant qui le rangera.

C’est un outil très utile qui permet à chacun de communiquer sans géner les camarades. Je l’ai découvert dans “Apprendre avec les pédagogies coopératives”.1S. Connac, Apprendre avec les pédagogies coopératives, ESF Éditions.

Dans ma classe il apparait et disparait selon les périodes de l’année, et le calme de la classe.




Organisation mathématique (Avril 2019)

La
mise en place des mathématiques dans la classe pose toujours
beaucoup de questionnements.

L’organisation dans la classe fait que les enfants ne cherchent pas à aller plus loin, contrairement au français qui les motive beaucoup plus.

Constat

L’organisation de mathématique de novembre2 n’a pas permis aux enfants de se dépasser. Ils sont très souvent restés dans leur zone de confort.

Points positifs

Les mathématiques sont devenus un plaisir pour tous les enfants, surtout grâce au fichier I.R.E d’Odilon 3 (Fichier d’incitation à la recherche mathématique et à l’expression).

Ils ont également investi les outils tels que le compas, la
règle, l’équerre et le mètre, même les plus jeunes.

Les feuilles vierges quadrillées par des cases, des points ou
avec un tableau vierge de 10 lignes et colonnes ont permis aux
enfants d’explorer leur expression mathématique.

Points
négatifs

La plupart des enfants ne se sont pas engagés dans les mathématiques. Ils sont souvent restés dans leur zone de confort et ont peu développé leurs notions en numération. Ce constat ne veut pas dire qu’ils n’ont pas fait de mathématiques ou bien qu’ils n’ont rien appris, mais je pense qu’une meilleure organisation aurait pu être plus bénéfique.

Malheureusement, un certain ennui a aussi pris sa place dans la classe, dû au fait de la répétition des tâches. Certes le débat mathématique4 a été réclamé à nouveau et a été réintroduit avec un grand succès.

Pour garder un groupe positif et vivant je sens qu’il est temps de ne pas rester dans cette situation qui ne me convient pas complètement.

Avancée de ma réflexion

Ma réflexion a commencé depuis un moment: articlearticle

À mon avis, l’homme peut faire une quadruple utilisation de tout matériau : il peut en faire un objet d’étude, un outil, un moyen de communiquer, un moyen de se projeter.Paul Le Bohec

BTR 23-24, parcours pour une mathématique “naturelle”

Les mathématiques permettent de comprendre le monde, et ce dernier étant complexe, il faut mettre en place une organisation à la fois simple mais permettant d’appréhender un grand éventail de situations. Avec cet apport l’enfant aura à sa disposition un ensemble d’entrées lui permettant d’appréhender la ou les plus adaptées à lui. 5

Les
enfants rentrant dans une sorte de monotonie qui leur permet de
rester dans leur zone de confort, il va falloir modifier les
journées.

Pour cela je vais essayer de mettre en place une structure plus
riche et où je proposerai une multitude d’entrées mathématiques.

Lors de la prochaine période il faut arriver à faire en sorte
que les enfants expérimentent les mathématiques dans les quatre
dimensions entrevues par Paul Le Bohec : en faire un objet
d’étude, un outil, un moyen pour communiquer ou pour se projeter.

L’objet d’étude se fera grâce au débat libre de
mathématique, déjà très bien ancré dans la classe depuis son
ouverture.

Les fichiers PEMF 6 7 ou Odilon 8 seront de formidables outils également.

L’outil du quotidien grâce au calcul vivant 9 10

La
communication grâce à la coopération ou à des ateliers
proposés tels que la manipulation libre de compas, règles ou alors
en passant par le projet de confection d’un fichier de la classe
fabriqué par les enfants eux-mêmes à destination d’autres
enfants ou classes.

Pour se projeter, la recherche mathématique me semble un
bon outil.

Outils
et ateliers

  1. Le débat libre mathématique est et restera l’outil principal dans la classe. Il permet à la fois de structurer sa pensée grâce au conflit socio-cognitif ainsi que les éclaircissements apportés par chacun. Les concepts se découvrent et se vivent ici.
  2. Les ateliers libres de manipulation avec tous les outils à notre disposition : compas, règle, matériel de numération, tableau vierge, quadrillages et tous les outils susceptibles de mathématiser.
  3. Le fichier I.R.E d’Odilon qui permet de se lancer dans différentes situations problèmes et d’en créer de nouvelles si besoin. Un fichier de la classe pourrait être créé par les enfants à destination d’autres classes ou d’autres enfants via un outil de communication comme arbustes.net 11
  4. ou autre. Ce
    pourrait être un projet à lancer avec le groupe classe. Tout autre
    projet pourrait être intéressant également.
  5. Le calcul vivant, technique Freinet permettant d’appréhender
    le monde de l’instant. Calcul de la caisse de la classe, achat de
    matériel, cuisine, découpage de gateaux, compter les enfants,
    problèmes rencontrés et résolus coopérativement et tant d’autres
    problèmes du quotidien.
  6. Les fichiers PEMF pour l’entrainement, qui ne sont
    absolument pas des outils d’apprentissage mais plutôt de
    consolidation des acquis.
  7. La recherche mathématique peut elle aussi être un outil
    d’approfondissement individuel qu’il serait possible de
    présenter.

Avec ces ateliers prévus, il est possible d’effectuer des
recherches collectives sur un fichier quel qu’il soit afin de
confronter les enfants à des mathématiques formels sans oublier de
rentrer par le biais des productions individuelles de chacun.

Conclusion

Dans la prochaine période je vais essayer d’étoffer les temps
de mathématiques afin que chacun puisse trouver ce qui lui
correspond le mieux. La continuation de l’organisation actuelle
ainsi que l’ajout de différents outils ou temps seront il me
semble bénéfiques pour les enfants.

Nous allons tester cette organisation sur 8 semaines et un retour sera écrit à la suite de cet article à la fin de la période.




Le livret de lecture

Cette année je teste le livret de lecture à partir des textes libres des enfants.

C’est un moyen de motiver d’autant plus de découvrir la lecture en partant du travail des enfants.

Le texte libre

Nous pratiquons le texte libre12 quotidiennement dans la classe.

Les enfants sachant écrire écrivent, et ceux n’ayant aucune notion commencent par un dessin.

Chacun se fait corriger, ou dicte à l’adulte ce qu’il souhaitait écrire mais tout le monde doit recopier au propre, sans faute cette production.

Cette pratique quotidienne permet à chacun un tâtonnement expérimental13 de l’écrire/lire, découvrant un langage indispensable dans nos vies modernes.

À partir de là, ceux qui le souhaitent peuvent lire leur texte à tout le groupe, pour le diffuser et recevoir des retours de chacun.

Une banque de texte émotionnelle

Tous ces textes font que tous les enfants se retrouvent avec une banque de textes conséquente.

Bien entendu ils n’ont pas tous la même importance pour l’auteur, ils n’ont pas le même impact émotionnel ni la même aura.

C’est à partir de cette idée qu’est né le livret de lecture dans la classe.

Livret de lecture

Quand un texte devient important pour son auteur, il choisit de le diffuser plus largement. Quand chacun a un texte important, nous pouvons créer ce livret.

C’est un recueil des textes importants des enfants. Tous les non lecteurs (ou entrant en lecture) se retrouvent liés par le but de communiquer avec l’extérieur.

Cela devient un outil très puissant pour l’écri-lecture14.

La découverte

Les enfants sont réunis et ont 5 minutes pour découvrir le livret collectif. Ils ont le droit d’échanger, de partager, de rire, de s’exprimer.

C’est d’ailleurs un moment intéressant où chacun essaie de lire grâce aux illustrations de chaque texte. Le moment de lecture commence.

Lecture collective

Au bout d’un certain temps, nous essayons de lire collectivement chaque texte (sans que l’auteur ne parle, sauf si le groupe en a besoin).

Les enfants recherchent des indices, expliquent leurs démarches fructueuses ou non.

Au final chaque texte est exploré, découvert et lu. Les indices sont inscrits au tableau.

C’est un moment où l’on peut échanger sur ce qui est lu, il permet d’aller plus loin, de donner des idées pour les prochains textes ou tout simplement de donner son avis. Ce sont des échanges très riches, dénués de tout but pédagogique, juste un échange.

Des jeux

À partir de là, nous cherchons rapidement des mots dans le recueil, le plus rapidement possible, en expliquant comment on y arrive.

Des mots sont cachés, des auteurs à trouver etc.

C’est un moment ludique qui permet un ancrage plus profond des informations découvertes ou des redécouvertes.

Et après…

Que devient ce livret après ?

Ce livret devient un outil universel dans la vie de l’enfant pour l’écriture et la lecture.

À la maison

Les enfants ramènent leur livret personnel à la maison sans indication particulière.

Les parents s’en emparent très rapidement et ce médiateur amorce une discussion sur la vie dans la classe.

Ils lisent ensemble ce petit recueil et chacun se retrouve en confiance.

Certains ont même écrit spontanément à la maison.

À l’école

Outil de lecture prisé des enfants, ils le lisent régulièrement, s’imprègnent des sons et des graphies existantes en français.

C’est aussi un outil de communication avec la classe des maternelles, car les auteurs vont lire ce recueil aux plus jeunes qui montent dans la classe. Un échange encore informel si important pour tout le monde.

C’est aussi un outil pour écrire les prochains textes. Notre banque de mots collective s’étoffe doucement grâce aux productions individuelles. Le collectif est au service de l’individu.

Maintenant, je vais demander aux enfants volontaires de taper tous les textes du recueil pour leur permettre de s’impliquer encore plus dans l’élaboration de ce livret qui sera diffusé quand il sera prêt, j’espère tous les 15 jours.

Les avantages

Pour les enfants :

  • Prise de conscience de ses capacités.

  • Communication formelle et informelle.

  • Source de motivation accrue.

  • Permet de se raconter.

Pour les parents :

  • Permet aux parents de vivre un peu la vie de la classe.

  • Être rassurés par leurs enfants.

  • Moment d’échanges avec leurs enfants.

Pour l’adulte de la classe :

  • Outil de lecture personnalisé.

  • Outil d’écriture personnalisé.

  • Source de motivation pour les enfants.

  • Outil de communication pour rassurer les parents.

Pour la diffusion

  • Attention d’écrire au feutre foncé pour que le scanner soit lisible.

  • Les dessins doivent être faits également aux feutres de couleurs, ou à la peinture.

  • Penser à imprimer la première page sur une feuille de couleur pour bien différencier ce cahier un peu particulier.

 

Exemples de livrets de lecture

Livret de lecture n°1

2018 septembre – cahier de lecture

 

Livret de lecture n°2

2018 septembre – cahier de lecture 2

J’ai ajouté l’alphabet en quatrième de couverture, et les textes tapés à la fin du livret sont tapés par les enfants volontaires.

 

Livret de lecture n°3

cahier de lecture 3 – octobre 2018

Ajout de petits jeux de mots cachés sur les textes du livret.

 

Livret de lecture n°4

cahier de lecture 4 – novembre 2018

Livret de lecture n°5

cahier de lecture 5 – janvier 2019

Livret de couleurs n°6 (nom donné par les enfants)

cahier de lecture 6 – mars 2019

Pour les imprimantes sans recto/verso.

cahier de lecture 6 – mars 2019 (recto-verso)

Pour les imprimantes avec recto/verso.




Organisation mathématique (novembre 2018)

Constat

Je suis enseignant dans une classe unique du CP au CM2 de 20 enfants dans un milieu rural. Il y a des enfants qui pratiquent les mathématiques depuis 3 ans de la même manière :

-des ateliers de mathématiques issus des problèmes rencontrés au jour le jour, appelé la mathématique quotidienne

-des débats libres mathématiques15

La mathématique quotidienne

La journée débute tous les jours par une réunion, obligatoire pour tous, qui permet de développer le langage de chacun et la communication dans le groupe.

 De ces échanges peuvent naitre des problèmes à résoudre pour que nos projets puissent se réaliser. Nous nous organisons donc de manière à pouvoir les résoudre avec les volontaires.

Nous rendons compte de nos solutions le soir dans un temps de bilan.

Les débats libres mathématiques

Les débats libres initiés par Paul Le Bohec et pratiqués par Monique Quertier pendant 20 ans dans sa classe, sont une organisation favorisant les échanges mathématiques et donc le conflit socio-cognitif élément essentiel à tout apprentissage.

Quant à la thèse plus générale de Vygotski selon laquelle le développement de l’intelligence trouve son origine dans les relations interpersonnelles, elle a donné lieu à de multiples recherches.Tout un courant, dit de «l’école genevoise», a ainsi largement démontré que des enfants confrontés à plusieurs à un problème améliorent leurs capacités cognitives si la situation les amène à formuler des réponses divergentes16 Ce«conflit sociocognitif» conduit les enfants à modifier leur pointde vue s’il s’avère erroné. De plus, ils sont ensuite plus aptes àutiliser leur nouvelle compréhension lorsqu’ils sont seuls. Ce quiconfirme la thèse de Vygotski.17

et jusqu’à maintenant les enfants s’épanouissaient dans ce temps malgré son obligation.

 Récemment les plus “grands” du groupe ont commencé à manifester un mécontentement vis-à-vis de ce temps.

 Immédiatement ces temps de débats se sont modifiés profondément :

  • débats plus longs,
  • part
    de l’adulte bien
    trop importante,
  • désinvestissement des
    enfants,
  • débats moins vivants.

Temps de la réflexion

Après une discussion avec le groupe, nous avons décidé de suspendre provisoirement les débats, tout en gardant l’obligation de mathématiser tous les jours.

Les enfants doivent prendre une feuille double A4 à petits carreaux pour créer.

En attendant je passe pour discuter et voir les évolutions possibles, individuellement.

C’est très directif,
mais provisoire.

Cette organisation a plu à certains, qui se sont mis à se relancer dans des créations mathématiques riches, et ont repris plaisir à explorer les maths en développant leurs idées et leurs mondes. Je me suis vu répondre à des questionnements d’enfants timides, peu enclins à me solliciter, qui souhaitaient approfondir leur réflexion du moment.

Cela m’a permis de prendre du recul sur la situation et de réfléchir à un fonctionnement de la classe à la fois souple pour les enfants qui souhaiteraient avancer individuellement, pour l’instant, loin du groupe, en laissant la place à ceux qui le souhaitent, de continuer les débats libres.

Je suis arrivé à retenir
3 piliers importants à mettre en place :

  • temps de débat
    mathématique, pour le conflit socio-cognitif,
  • laisser le choix de
    pratiquer en groupe ou individuellement,
  • laisser le temps à
    ceux qui ne se sentent pas prêts à se confronter à leurs pairs,
    en attendant une plus grande confiance.

La nouvelle organisation

J’ai calqué l’organisation de mathématique sur l’écri-lecture.

Organisation de français

Les enfants ont la journée, 8h45 → 14h30, pour écrire un texte libre18.

Si les enfants ont produit un écrit, ils le posent dans une boite et je le corrige après le repas. S’il n’écrit pas, nous nous retrouvons en fin de journée, 14h30, pour comprendre pourquoi il n’a pas écrit : manque de temps, mauvaise organisation, pas d’inspiration, envie d’écrire à plusieurs, etc.

À partir de ce moment on pratique un atelier soit pour travailler la grammaire, pour dérouiller l’écriture, etc…

Organisation de mathématique

Parallèlement au français,les enfants doivent mathématiser tous les jours.

Dans cette organisation, les enfants ont toute l’après-midi et la matinée du lendemain pour faire leurs maths sur une feuille double, format A4, à petits carreaux, comme une recherche mathématique.

Je regarde cette création après le repas, tous les jours, afin d’envisager des évolutions, de noter les notions abordées, ou tout simplement pour discuter de la création.

Des ateliers seront proposés par l’adulte, afin d’alimenter les activités possibles du groupe.

À 11h00, tous les jours, les enfants qui n’ont pas fait de mathématique, me rejoignent afin de comprendre leurs raisons de ne pas avoir mathématisé.

Une fois les raisons découvertes, on pratique un atelier spécifique, ou un débat libre de mathématique.

Organisation quotidienne de la classe.

Temps de recherche mathématique

Matériel :

  • stylo noir, ou crayon gris,
  • feuille double A4 à petits carreaux,
  • fichiers autocorrectifs,
  • fichiers déclencheurs ou d’exploration,
  • outils mathématiques,
  • outils d’aide,
  • tout ce qu’ils ont à leur disposition.

Avec cette organisation j’émets l’hypothèse de mieux prendre en compte chacun au sein du groupe.

Tout le monde aura une multitude de possibilités de mathématiser,tranquillement, à son rythme, en prenant confiance dans ses capacités et ainsi mieux formaliser son environnement, cœur du métier de l’enseignant pour Rémi Jacquet19.

Bien entendu, cette structure sera régulièrement réinterrogée avec le groupe pour la faire évoluer au fil des difficultés rencontrées.

Une affaire à suivre donc…

EDIT: 2 décembre 2018

Au bout de 3 semaines d’organisation, le débat libre de mathématique reprend sa place. Une place centrale dans la classe. Au début il y avait peu d’enfants et beaucoup autour. Au fur et à mesure, tous sont revenus jusqu’à ce vendredi où nous étions trop nombreux.

Les enfants se sont rendus compte qu’ils appréciaient ces séances et ils ont redemandé à alterner groupe de plus jeunes et de plus agés.

C’est ce qui a été fait, et nous reprenons donc les débats libres alternés, et ceux qui ne se sentent pas ont le droit de faire des maths avant afin de mathématiser tous les jours. 3 finalement n’ont pas envie de participer, ce qui me conforte dans ma pratique originelle: les débats mathématiques libres sont l’organisation la plus adéquate pour construire les notions mathématiques.




Le débat libre de dessin

L’art
n’est pas facile pour tout le monde, et surtout pour certains
enfants qui ne se sentent pas légitimes dans leurs productions. Pour
ces derniers, la pratique reste une copie de ce qui les entoure.

Pour se libérer et prendre confiance le débat libre de dessin est très utile.

Constat

Pour
de nombreux enfants la pratique de l’art consiste à représenter
le réel avec plus ou moins de réussite.

Plus
c’est ressemblant et mieux c’est.

Plus
c’est ressemblant plus c’est beau.

Il y
a donc la création d’une échelle de valeur qui bloque l’enfant
artiste.

À
partir de là on perd la confiance, malgré les encouragements de son
entourage ou de ses pairs.

Il
faudrait à partir de ce constat que l’enfant plonge dans
l’imaginaire pour s’extirper de cette « évaluation »,
ce qu’il fait très jeune, mais qu’il perd doucement au fil des
« c’est beau ! » des adultes.

Cette
confiance perdue, on pratique de moins en moins pour le plaisir, et
les gestes deviennent moins assurés.

Cela
devient difficile de s’aventurer dans l’imaginaire et de laisser
libre cours à ses envies.

Pour se libérer nous avons adapté l’organisation de Paul Le Bohec20

pour libérer l’écriture mais adaptée au dessin.

Le débat libre de dessin

Organisation

Nous nous réunissons autour de la table ou dans
un endroit qui nous semble adéquate. Il faut que nous puissions nous
passer les feuilles sans avoir à se lever.

Matériel

  • Un crayon par participant, tous identiques.
  • Une feuille par participant, toutes
    identiques.
  • Un chronomètre.

Déroulement

La consigne est simple : dessiner sur la
feuille.

Et on se lance.

Au bout du temps défini au début on passe la
feuille à son voisin, qui fait de même. Et on commence à dessiner
ce que l’on veut.

On s’arrête de tourner quand la feuille
originale revient à son dessinateur.

À ce moment-là on affiche tous les dessins sur
un mur, et on se place en demi-cercle autour.

Nous commençons une discussion sur les dessins. À la manière des débats mathématiques21

les enfants doivent justifier leurs propos.

Quand le débat flotte un peu, l’adulte, qui
fait partie intégrante du groupe, relance avec une de ses
observations ou rebondit sur ce qui a été dit auparavant.

À la fin, nous jetons toutes les feuilles, on ne
garde aucune trace de ce moment si ce n’est le vécu du groupe.

Important

Il faut définir au début de la séance un temps
de dessin, et dans quel sens nous tournons afin de ne pas se
retrouver dans des négociations interminables, nous sommes là pour
se faire plaisir.

Le matériel doit être rigoureusement identique
pour ne pas laisser place à la moindre identification lors du débat.
Si le groupe est positif je ne pense pas que cela soit grave, mais
l’objectif est de se libérer.

Il n’y a pas d’objectif pédagogique. Nous
sommes là pour créer ensemble, la technique c’est pour un autre
moment, là on se libère de nos difficultés.

Toutes les discussions sont acceptables, il n’y
en a pas de meilleure que d’autres, par contre nous ne restons pas
sur le beau. Il faut aller plus loin, où ? Personne ne le sait.

Observations

Depuis que ce débat libre de dessin est en place
dans la classe, j’observe des enfants se libérant doucement en
art.

Déjà ils veulent le faire au moins une fois par
semaine, et quand il n’a pas lieu il faut le rattraper.

Le langage autour de l’art et de ses
représentations est de plus en plus précis.

Les productions artistiques sont de plus en plus
nombreuses et inventives.

La bienveillance des enfants vis à vis des
pratiques artistiques de chacun est notable également. L’entraide
spontanée est visible dans ce domaine. Il n’est pas rare
d’entendre « tu veux que je t’aide à dessiner ce
personnage? ».

Alors si vous essayez, le maitre-mot est amusez-vous!!!




Outils de suivi (2018)

Pour surveiller les avancées des enfants, un suivi serré est nécessaire pour savoir où en sont les enfants.

J’utilise plusieurs outils pour suivre les enfants, des outils personnels qui permettent d’avoir un œil sur chacun et sur le groupe.

Je vais les présenter ici en commençant par les outils utiles au groupe pour continuer avec les outils de suivis individuels.

Les outils pour le groupe

Le tableau de bord collectif

Sur le tableau de la classe j’ai réservé un espace coupé en 4 colonnes.

  • Projets en cours.
  • Projets terminés.
  • Rendez-vous prévus.
  • Rendez-vous terminés.

Quand un enfant a un projet, il le note sur un Post-it et le place dans la colonne qui convient.

Cela lui permet de s’engager pleinement dans son projet. C’est aussi un aide-mémoire, sur ce que chacun a à faire.

Pour moi, cela me permet d’avoir un regard sur l’implication de l’enfant dans les projets, son état d’organisation. C’est un début de suivi → l’enfant prévoit-il ses projets ? Ce sont souvent les enfants les plus matures qui se servent parfaitement de cet outil.

L’arbre des connaissances 22

Outil d’émulation, c’est aussi un outil me permettant de suivre l’état du groupe.
Je m’en sers pour suivre l’avancée des réussites, ce qui fonctionne de manière informelle sans participation de l’adulte, ou si je dois proposer des ateliers spécifiques pour faire avancer le groupe.

Les outils indiviuels

La fiche de suivi de projets 23

Afin de pouvoir suivre et améliorer les projets des enfants dans la classe, nous utilisons une fiche pratique.
Elle permet de réfléchir à toutes les étapes nécessaires à la réalisation de ce projet, aux outils à employer et du temps envisagé. Cela permet de voir en quelques minutes la masse de travail à réaliser.

Au départ, je remplis cette fiche avec les enfants impliqués, en quelques minutes, puis petit à petit leur laisse la fiche à disposition et ils la remplissent quand ils en ont besoin.
Quand un projet est en cours, tous les jours je prends un temps pour voir où ils en sont, ce qu’il leur reste à faire ou bien ce qui les bloque.

Quand tout et terminé, nous faisons un bilan et réfléchissons à ce qui doit être amélioré pour la prochaine fois et nous archivons cette pochette afin que les prochains puissent bénéficier des réflexions déjà effectuées.

fiche de suivi des projets

Fiche de suivi des ateliers

L’année dernière, les enfants se sont emparés de la possibilité de s’auto-organiser en ateliers.

Pour ne rien perdre de tout ce qui s’organise dans la classe, je me suis créé une fiche hebdomadaire où je note tous les ateliers observés. J’y ajoute les enfants qui y ont participé (lors du bilan des ateliers du soir).

Cette fiche m’est devenue indispensable pour suivre la vie de la classe, et indirectement des enfants.

Je peux ainsi mieux m’adapter aux envies du moment et prévoir des prolongements possibles lorsque des enfants atteignent leurs limites.

suivi ateliers

Fiche de suivi journalière

Tous les jours je prends en correction individuelle quelques enfants (qui ne seront pas les mêmes le lendemain) et je note ce qu’ils ont fait sur cette fiche.

Que ce soit en maths, en français ou dans d’autres matières, je note ce qui a été fait, ou ce qui me semble important.
Je place tous les brouillons qui me sont rendus dans la pochette transparente de la journée, comme ça je ne perds rien.

Cette fiche est rangée derrière la fiche d’ateliers de la semaine. Une semaine de classe est donc réunie en quelques pages.

Tableau à double entrée vierge

J’ajoute à ce dispositif un tableau à double entrée vierge avec les prénoms de la classe, pour palier aux cas non prévus.

Si je m’en sers, je le place derrière la dernière journée de la semaine dans mon classeur, pour que l’organisation de la semaine soit réunie au même endroit.

En pratique

Tous ces outils sont rangés dans une pochette cartonnée que je place toujours au même endroit.

Je l’organise le lundi en arrivant, avec plusieurs exemplaires de chaque fiche, des stylos colorés (pour éviter la monotonie) une règle, des post-it et tout ce qui me semble nécessaire.

Les projets sont proposés généralement en réunion24, et nous préparons le projet quand les ateliers ont repris. C’est à ce moment que nous remplissons le projet avec les enfants concernés.

J’en profite pour appeler les enfants qui ont placé un post-it pour savoir où ils en sont.

Les fiches individuelles sont remplies au fur et à mesure de la journée, quand il me semble important de noter quelque chose.




Ah! Vous écrivez ensemble!

Documents de l’éducateur n°172-173-174

Un atelier de libération de l’écriture de Paul Le Bohec.

Voilà un atelier que j’utilise très souvent dans la classe avec les enfants qui le souhaitent ou ceux qui ont des empêchements à écrire.

La structure est toute simple et se met en place rapidement, une feuille, une poubelle, on se met en cercle et c’est parti.

Je vous conseille vivement de lire ce document de l’éducateur indispensable selon moi, fous rires assurés (même avec vos amis).

AH! VOUS ÉCRIVEZ ENSEMBLE!

Bonne lecture!




La création dans la classe

L’art dans la vie est très important et pourtant souvent il est “dénigré” dans la classe.

Cette année je vais essayer de modifier l’approche dans ce domaine.

Après deux années d’expérience dans une classe unique, le français et les mathématiques donnent des résultats satisfaisants, je vais organiser le coin création afin de le rendre plus efficient auprès des enfants pour que l’expression/création prennent une place prépondérante dans la vie journalière du groupe.

Organisation précédente

Le coin création est un coin laissé libre. Il a
toute sa place et permet aux enfants d’avoir accès à tout le
matériel possible librement.

Les enfants présentent leurs productions et nous
discutons de leurs avancées et leurs techniques afin d’améliorer
la connaissance du groupe, sans intervention explicite de l’adulte.

Bilan

Les enfants produisent énormément et s’expriment facilement et
de manière diversifiée mais tout en restant dans leurs possibles,
en évitant tout dépassement personnel, ou trop peu.

Il faut remédier à cet écueil qui permettrait aux enfants de
découvrir de nombreuses techniques différentes et ainsi développer
leur habileté personnelle tout en sortant de leur zone de confort.

Il faut donc repenser l’organisation de cet atelier. Pour cela
je vais réfléchir à la disposition des outils, la part de l’adulte
ainsi qu’aux supports à mettre en place pour garder une liberté
la plus grande possible.

Réflexion sur l’atelier art visuel

Pour réfléchir à l’atelier j’ai eu de nombreuses lectures :

  • Art enfantin25, le magasine d’Élise Freinet.
  • Albums Art enfantin26.
  • Le groupe Art et Création27.
  • Apprendre aux enfants à explorer les arts plastiques28.
  • Le dessin libre29, par Élise Freinet.
  • Les ateliers d’expression artistique30.
  • Expression sonore et musique31.
  • Expression sonore et musique (2)32.
  • Archives du groupe Créations33.
  • Une année d’art dans la classe de Jean Astier34.
  • Tâtonnements en art enfantin de Paul Le Bohec.

Ces lectures ont étoffé ma réflexion pour élaborer ma pratique
artistique dans la classe.

Organisation
de cette année

Part
de l’adulte

L’adulte a une place primordiale dans la classe. Il est membre
du groupe à part entière et doit savoir ne pas prendre trop de
place.

Mon objectif n’est pas de faire connaître aux enfants tout ce
qui a pu exister artistiquement et donc de choisir pour eux ce qui
leur plaît, par contre je vais leur faire explorer différentes
techniques afin qu’ils visitent tous les instruments et faire des
liens vers de productions historiques.

L’adulte propose, encourage, mais ne donne pas son avis. Il
parle de ce qu’il voit, observe un détail, amène un lien avec une
production existante.

Il faut absolument que le propos de l’adulte l’implique et ne
soit pas artificiel.

Au-delà de l’aspect individuel de la pratique, un retour du groupe sur les productions est nécessaire à l’accentuation des pratiques de chacun. À la manière des débats libres mathématiques35, l’adulte devra savoir animer la discussion tout en ne prenant pas une place trop grande.

Il se doit également de libérer les enfants de leurs à priori inévitables et de les rassurer sur leurs pratiques en utilisant des débats libres régulièrement avec pour seul objectif de passer du bon temps en groupe autour de l’art.

Atelier proposé

Pour cela, l’atelier existant ne va pas changer, mais je vais
proposer un atelier différent régulièrement.

Pas tous les jours, mais toutes les semaines.

La particularité de ces ateliers sera de ne mettre à disposition
qu’un outil.

La liberté dans la contrainte.

Le forçage de liberté.36   37   38

Cet atelier sera présenté à la réunion quotidiennement et
rappelé grâce aux productions que les enfants auront produites et
présentées.

Cette pratique de l’atelier avec le choix de l’outil par l’adulte m’est inspirée de Jean Astier39, un enseignant Freinet de Marseille.

Pour bien explorer les techniques, il faudra que l’atelier soit
présent assez longtemps pour que les enfants puissent s’entraîner
et ainsi explorer l’outil et la manière de l’utiliser ou de le
détourner.

Exemples
d’ateliers

  • Utiliser 3 couleurs en peinture et ne préparer que 3 couleurs dans 3 pots.
  • Utiliser juste de la craie grasse.
  • Utiliser du papier, une paire de ciseau et de la colle.
  • Utiliser une seule sorte de pinceau (épais, fin).
  • Utiliser une seule sorte de pinceau (épais, fin).

Atelier permanent

Les outils sont indispensables pour une pratique artistique convenable. Je vais faire le choix d’utiliser des outils moins nombreux, mais de meilleure qualité. Tous les enfants n’auront pas accès à tous les outils en même temps ce qui provoquera un manque et donc une obligation de s’organiser, de réfléchir à la manière de l’utiliser par la suite, d’observer les enfants à l’atelier ou alors de demander comment ils se servent de cet outil, par imprégnation40 ou par l’effet vicariant41.

Organisation

Dans les outils, je ne vais pas proposer de gomme pour que les
enfants se concentrent sur leur production et l’améliore ou la
recommence s’ils pensent avoir fait une erreur.

Les
outils

Ils doivent être visibles.

Ils doivent se prendre facilement, avec un minimum de déplacement.

Ils doivent se ranger facilement.

Ils doivent se nettoyer facilement.

L’espace

Il doit être toujours libre pour être utilisé.

Il doit être facile de s’y déplacer.

L’adulte

Il propose.

Il ne donne pas son avis.

Il doit être vrai dans son propos, pas de réaction artificielle.

Il fait des liens.

Il doit se rendre accessible.

L’enfant

Il doit être libre dans la contrainte.

Il observe.

Il tâtonne.

Il a le droit de s’arrêter.

Il a le droit de recommencer.

Il respecte le matériel.

Des
ressources

La bibliothèque sera une ressource inépuisable avec notamment la
revue Dada, ou alors des magasines de créations artistiques.

Il y aura un classeur d’histoire de l’art proposant des
artistes de tous les temps.

L’affichage sera renouvelé plus souvent que les années
précédentes pour rendre le coin plus vivant.

La
transversalité

Ces productions seront en lien avec l’histoire de l’art (ou
pas) et feront sens dans une structure globale.

Elles donneront lieu à des textes documentaires sur la manière
de faire, pour donner des idées ou bien à des articles de journaux
pour communiquer vers l’extérieur.

Ces créations seront en lien avec les mathématiques ou avec
l’histoire ou la géographie.

Des musées pourront être proposés si les productions
s’accumulent.

Les enfants pourront s’épanouir artistiquement et s’exprimer
à travers des supports variés et différenciés selon leurs
avancées personnelles. Le respect de chacun sera primordial.

Annexe n°1 – Production artistique / liens historiques

Voici la production libre d’un enfant de la classe.

Art brut – Chaissac 196042

Art abstrait – Paul Klee 193043




Lire se livre, Jean-Pierre Lepri

Qu’est-ce que lire?

Voilà la question à laquelle répond Jean-Pierre Lepri dans son livre Lire se livre.

Dans Lire se livre44 45, Jean-Pierre Lepri regroupe un de nombreux textes personnels, étayés de nombreuses études et de réflexions, explicitant ce qu’est la lecture.

Ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils lisent, tandis que les nôtres comprennent…

Jules Ferry 1881.

Jean-Pierre Lepri est un ancien IEN46 (Inspecteur de l’Éducation nationale) et professeur des écoles47. Il s’est spécialisé sur les questions de la lecture dans le monde entier, et notamment à l’UNESCO48. Il est le fondateur de l’association CREA-Apprendre la vie (Cercle de réflexion pour une ‘éducation’ authentique)49.

Il pense que la lecture ne s’apprend pas par une méthode, qui va toujours à quelqu’un mais ne va pas à un autre, mais qu’il faut absolument faire passer le sens avant toute chose.

LIRE C’EST COMPRENDRE

C’est un livre qui replace les choses au vu des sciences humaines et non pas que par la vision des sciences cognitives grâce à des années d’expérimentations.

Il remet en question pas mal de propos de la télévision et de la presse grand public et apporte une réflexion sereine.

Une lecture indispensable selon moi.

Voici des liens vidéos en rapport avec la lecture, donc notamment une conférence de madame Chenouf qui a été ma PIUMF de français à l’IUFM.

Présentation vidéo du livre

Présentation du livre Ami Ami par Yvanne Chenouf

Extrait d’une conférence de Jean-Pierre Lepri