Le débat libre de dessin

L’art
n’est pas facile pour tout le monde, et surtout pour certains
enfants qui ne se sentent pas légitimes dans leurs productions. Pour
ces derniers, la pratique reste une copie de ce qui les entoure.

Pour se libérer et prendre confiance le débat libre de dessin est très utile.

Constat

Pour
de nombreux enfants la pratique de l’art consiste à représenter
le réel avec plus ou moins de réussite.

Plus
c’est ressemblant et mieux c’est.

Plus
c’est ressemblant plus c’est beau.

Il y
a donc la création d’une échelle de valeur qui bloque l’enfant
artiste.

À
partir de là on perd la confiance, malgré les encouragements de son
entourage ou de ses pairs.

Il
faudrait à partir de ce constat que l’enfant plonge dans
l’imaginaire pour s’extirper de cette « évaluation »,
ce qu’il fait très jeune, mais qu’il perd doucement au fil des
« c’est beau ! » des adultes.

Cette
confiance perdue, on pratique de moins en moins pour le plaisir, et
les gestes deviennent moins assurés.

Cela
devient difficile de s’aventurer dans l’imaginaire et de laisser
libre cours à ses envies.

Pour se libérer nous avons adapté l’organisation de Paul Le Bohec1

pour libérer l’écriture mais adaptée au dessin.

Le débat libre de dessin

Organisation

Nous nous réunissons autour de la table ou dans
un endroit qui nous semble adéquate. Il faut que nous puissions nous
passer les feuilles sans avoir à se lever.

Matériel

  • Un crayon par participant, tous identiques.
  • Une feuille par participant, toutes
    identiques.
  • Un chronomètre.

Déroulement

La consigne est simple : dessiner sur la
feuille.

Et on se lance.

Au bout du temps défini au début on passe la
feuille à son voisin, qui fait de même. Et on commence à dessiner
ce que l’on veut.

On s’arrête de tourner quand la feuille
originale revient à son dessinateur.

À ce moment-là on affiche tous les dessins sur
un mur, et on se place en demi-cercle autour.

Nous commençons une discussion sur les dessins. À la manière des débats mathématiques2

les enfants doivent justifier leurs propos.

Quand le débat flotte un peu, l’adulte, qui
fait partie intégrante du groupe, relance avec une de ses
observations ou rebondit sur ce qui a été dit auparavant.

À la fin, nous jetons toutes les feuilles, on ne
garde aucune trace de ce moment si ce n’est le vécu du groupe.

Important

Il faut définir au début de la séance un temps
de dessin, et dans quel sens nous tournons afin de ne pas se
retrouver dans des négociations interminables, nous sommes là pour
se faire plaisir.

Le matériel doit être rigoureusement identique
pour ne pas laisser place à la moindre identification lors du débat.
Si le groupe est positif je ne pense pas que cela soit grave, mais
l’objectif est de se libérer.

Il n’y a pas d’objectif pédagogique. Nous
sommes là pour créer ensemble, la technique c’est pour un autre
moment, là on se libère de nos difficultés.

Toutes les discussions sont acceptables, il n’y
en a pas de meilleure que d’autres, par contre nous ne restons pas
sur le beau. Il faut aller plus loin, où ? Personne ne le sait.

Observations

Depuis que ce débat libre de dessin est en place
dans la classe, j’observe des enfants se libérant doucement en
art.

Déjà ils veulent le faire au moins une fois par
semaine, et quand il n’a pas lieu il faut le rattraper.

Le langage autour de l’art et de ses
représentations est de plus en plus précis.

Les productions artistiques sont de plus en plus
nombreuses et inventives.

La bienveillance des enfants vis à vis des
pratiques artistiques de chacun est notable également. L’entraide
spontanée est visible dans ce domaine. Il n’est pas rare
d’entendre « tu veux que je t’aide à dessiner ce
personnage? ».

Alors si vous essayez, le maitre-mot est amusez-vous!!!




Le livret de lecture

Cette année je teste le livret de lecture à partir des textes libres des enfants.

C’est un moyen de motiver d’autant plus de découvrir la lecture en partant du travail des enfants.

Le texte libre

Nous pratiquons le texte libre3 quotidiennement dans la classe.

Les enfants sachant écrire écrivent, et ceux n’ayant aucune notion commencent par un dessin.

Chacun se fait corriger, ou dicte à l’adulte ce qu’il souhaitait écrire mais tout le monde doit recopier au propre, sans faute cette production.

Cette pratique quotidienne permet à chacun un tâtonnement expérimental4 de l’écrire/lire, découvrant un langage indispensable dans nos vies modernes.

À partir de là, ceux qui le souhaitent peuvent lire leur texte à tout le groupe, pour le diffuser et recevoir des retours de chacun.

Une banque de texte émotionnelle

Tous ces textes font que tous les enfants se retrouvent avec une banque de textes conséquente.

Bien entendu ils n’ont pas tous la même importance pour l’auteur, ils n’ont pas le même impact émotionnel ni la même aura.

C’est à partir de cette idée qu’est né le livret de lecture dans la classe.

Livret de lecture

Quand un texte devient important pour son auteur, il choisit de le diffuser plus largement. Quand chacun a un texte important, nous pouvons créer ce livret.

C’est un recueil des textes importants des enfants. Tous les non lecteurs (ou entrant en lecture) se retrouvent liés par le but de communiquer avec l’extérieur.

Cela devient un outil très puissant pour l’écri-lecture5.

La découverte

Les enfants sont réunis et ont 5 minutes pour découvrir le livret collectif. Ils ont le droit d’échanger, de partager, de rire, de s’exprimer.

C’est d’ailleurs un moment intéressant où chacun essaie de lire grâce aux illustrations de chaque texte. Le moment de lecture commence.

Lecture collective

Au bout d’un certain temps, nous essayons de lire collectivement chaque texte (sans que l’auteur ne parle, sauf si le groupe en a besoin).

Les enfants recherchent des indices, expliquent leurs démarches fructueuses ou non.

Au final chaque texte est exploré, découvert et lu. Les indices sont inscrits au tableau.

C’est un moment où l’on peut échanger sur ce qui est lu, il permet d’aller plus loin, de donner des idées pour les prochains textes ou tout simplement de donner son avis. Ce sont des échanges très riches, dénués de tout but pédagogique, juste un échange.

Des jeux

À partir de là, nous cherchons rapidement des mots dans le recueil, le plus rapidement possible, en expliquant comment on y arrive.

Des mots sont cachés, des auteurs à trouver etc.

C’est un moment ludique qui permet un ancrage plus profond des informations découvertes ou des redécouvertes.

Et après…

Que devient ce livret après ?

Ce livret devient un outil universel dans la vie de l’enfant pour l’écriture et la lecture.

À la maison

Les enfants ramènent leur livret personnel à la maison sans indication particulière.

Les parents s’en emparent très rapidement et ce médiateur amorce une discussion sur la vie dans la classe.

Ils lisent ensemble ce petit recueil et chacun se retrouve en confiance.

Certains ont même écrit spontanément à la maison.

À l’école

Outil de lecture prisé des enfants, ils le lisent régulièrement, s’imprègnent des sons et des graphies existantes en français.

C’est aussi un outil de communication avec la classe des maternelles, car les auteurs vont lire ce recueil aux plus jeunes qui montent dans la classe. Un échange encore informel si important pour tout le monde.

C’est aussi un outil pour écrire les prochains textes. Notre banque de mots collective s’étoffe doucement grâce aux productions individuelles. Le collectif est au service de l’individu.

Maintenant, je vais demander aux enfants volontaires de taper tous les textes du recueil pour leur permettre de s’impliquer encore plus dans l’élaboration de ce livret qui sera diffusé quand il sera prêt, j’espère tous les 15 jours.

Les avantages

Pour les enfants :

  • Prise de conscience de ses capacités.

  • Communication formelle et informelle.

  • Source de motivation accrue.

  • Permet de se raconter.

Pour les parents :

  • Permet aux parents de vivre un peu la vie de la classe.

  • Être rassurés par leurs enfants.

  • Moment d’échanges avec leurs enfants.

Pour l’adulte de la classe :

  • Outil de lecture personnalisé.

  • Outil d’écriture personnalisé.

  • Source de motivation pour les enfants.

  • Outil de communication pour rassurer les parents.

Pour la diffusion

  • Attention d’écrire au feutre foncé pour que le scanner soit lisible.

  • Les dessins doivent être faits également aux feutres de couleurs, ou à la peinture.

  • Penser à imprimer la première page sur une feuille de couleur pour bien différencier ce cahier un peu particulier.

 

Exemples de livrets de lecture

Livret de lecture n°1

2018 septembre – cahier de lecture

Livret de lecture n°2

2018 septembre – cahier de lecture 2

J’ai ajouté l’alphabet en quatrième de couverture, et les textes tapés à la fin du livret sont tapés par les enfants volontaires.

Livret de lecture n°3

cahier de lecture 3 – octobre 2018

Ajout de petits jeux de mots cachés sur les textes du livret.




Outils de suivi (2018)

Pour surveiller les avancées des enfants, un suivi serré est nécessaire pour savoir où en sont les enfants.

J’utilise plusieurs outils pour suivre les enfants, des outils personnels qui permettent d’avoir un œil sur chacun et sur le groupe.

Je vais les présenter ici en commençant par les outils utiles au groupe pour continuer avec les outils de suivis individuels.

Les outils pour le groupe

Le tableau de bord collectif

Sur le tableau de la classe j’ai réservé un espace coupé en 4 colonnes.

  • Projets en cours.
  • Projets terminés.
  • Rendez-vous prévus.
  • Rendez-vous terminés.

Quand un enfant a un projet, il le note sur un Post-it et le place dans la colonne qui convient.

Cela lui permet de s’engager pleinement dans son projet. C’est aussi un aide-mémoire, sur ce que chacun a à faire.

Pour moi, cela me permet d’avoir un regard sur l’implication de l’enfant dans les projets, son état d’organisation. C’est un début de suivi → l’enfant prévoit-il ses projets ? Ce sont souvent les enfants les plus matures qui se servent parfaitement de cet outil.

L’arbre des connaissances 6

Outil d’émulation, c’est aussi un outil me permettant de suivre l’état du groupe.
Je m’en sers pour suivre l’avancée des réussites, ce qui fonctionne de manière informelle sans participation de l’adulte, ou si je dois proposer des ateliers spécifiques pour faire avancer le groupe.

Les outils indiviuels

La fiche de suivi de projets 7

Afin de pouvoir suivre et améliorer les projets des enfants dans la classe, nous utilisons une fiche pratique.
Elle permet de réfléchir à toutes les étapes nécessaires à la réalisation de ce projet, aux outils à employer et du temps envisagé. Cela permet de voir en quelques minutes la masse de travail à réaliser.

Au départ, je remplis cette fiche avec les enfants impliqués, en quelques minutes, puis petit à petit leur laisse la fiche à disposition et ils la remplissent quand ils en ont besoin.
Quand un projet est en cours, tous les jours je prends un temps pour voir où ils en sont, ce qu’il leur reste à faire ou bien ce qui les bloque.

Quand tout et terminé, nous faisons un bilan et réfléchissons à ce qui doit être amélioré pour la prochaine fois et nous archivons cette pochette afin que les prochains puissent bénéficier des réflexions déjà effectuées.

fiche de suivi des projets

Fiche de suivi des ateliers

L’année dernière, les enfants se sont emparés de la possibilité de s’auto-organiser en ateliers.

Pour ne rien perdre de tout ce qui s’organise dans la classe, je me suis créé une fiche hebdomadaire où je note tous les ateliers observés. J’y ajoute les enfants qui y ont participé (lors du bilan des ateliers du soir).

Cette fiche m’est devenue indispensable pour suivre la vie de la classe, et indirectement des enfants.

Je peux ainsi mieux m’adapter aux envies du moment et prévoir des prolongements possibles lorsque des enfants atteignent leurs limites.

suivi ateliers

Fiche de suivi journalière

Tous les jours je prends en correction individuelle quelques enfants (qui ne seront pas les mêmes le lendemain) et je note ce qu’ils ont fait sur cette fiche.

Que ce soit en maths, en français ou dans d’autres matières, je note ce qui a été fait, ou ce qui me semble important.
Je place tous les brouillons qui me sont rendus dans la pochette transparente de la journée, comme ça je ne perds rien.

Cette fiche est rangée derrière la fiche d’ateliers de la semaine. Une semaine de classe est donc réunie en quelques pages.

Tableau à double entrée vierge

J’ajoute à ce dispositif un tableau à double entrée vierge avec les prénoms de la classe, pour palier aux cas non prévus.

Si je m’en sers, je le place derrière la dernière journée de la semaine dans mon classeur, pour que l’organisation de la semaine soit réunie au même endroit.

En pratique

Tous ces outils sont rangés dans une pochette cartonnée que je place toujours au même endroit.

Je l’organise le lundi en arrivant, avec plusieurs exemplaires de chaque fiche, des stylos colorés (pour éviter la monotonie) une règle, des post-it et tout ce qui me semble nécessaire.

Les projets sont proposés généralement en réunion8, et nous préparons le projet quand les ateliers ont repris. C’est à ce moment que nous remplissons le projet avec les enfants concernés.

J’en profite pour appeler les enfants qui ont placé un post-it pour savoir où ils en sont.

Les fiches individuelles sont remplies au fur et à mesure de la journée, quand il me semble important de noter quelque chose.




Ah! Vous écrivez ensemble!

Documents de l’éducateur n°172-173-174

Un atelier de libération de l’écriture de Paul Le Bohec.

Voilà un atelier que j’utilise très souvent dans la classe avec les enfants qui le souhaitent ou ceux qui ont des empêchements à écrire.

La structure est toute simple et se met en place rapidement, une feuille, une poubelle, on se met en cercle et c’est parti.

Je vous conseille vivement de lire ce document de l’éducateur indispensable selon moi, fous rires assurés (même avec vos amis).

AH! VOUS ÉCRIVEZ ENSEMBLE!

Bonne lecture!




La création dans la classe

L’art dans la vie est très important et pourtant souvent il est “dénigré” dans la classe.

Cette année je vais essayer de modifier l’approche dans ce domaine.

Après deux années d’expérience dans une classe unique, le français et les mathématiques donnent des résultats satisfaisants, je vais organiser le coin création afin de le rendre plus efficient auprès des enfants pour que l’expression/création prennent une place prépondérante dans la vie journalière du groupe.

Organisation précédente

Le coin création est un coin laissé libre. Il a
toute sa place et permet aux enfants d’avoir accès à tout le
matériel possible librement.

Les enfants présentent leurs productions et nous
discutons de leurs avancées et leurs techniques afin d’améliorer
la connaissance du groupe, sans intervention explicite de l’adulte.

Bilan

Les enfants produisent énormément et s’expriment facilement et
de manière diversifiée mais tout en restant dans leurs possibles,
en évitant tout dépassement personnel, ou trop peu.

Il faut remédier à cet écueil qui permettrait aux enfants de
découvrir de nombreuses techniques différentes et ainsi développer
leur habileté personnelle tout en sortant de leur zone de confort.

Il faut donc repenser l’organisation de cet atelier. Pour cela
je vais réfléchir à la disposition des outils, la part de l’adulte
ainsi qu’aux supports à mettre en place pour garder une liberté
la plus grande possible.

Réflexion sur l’atelier art visuel

Pour réfléchir à l’atelier j’ai eu de nombreuses lectures :

  • Art enfantin9, le magasine d’Élise Freinet.
  • Albums Art enfantin10.
  • Le groupe Art et Création11.
  • Apprendre aux enfants à explorer les arts plastiques12.
  • Le dessin libre13, par Élise Freinet.
  • Les ateliers d’expression artistique14.
  • Expression sonore et musique15.
  • Expression sonore et musique (2)16.
  • Archives du groupe Créations17.
  • Une année d’art dans la classe de Jean Astier18.
  • Tâtonnements en art enfantin de Paul Le Bohec.

Ces lectures ont étoffé ma réflexion pour élaborer ma pratique
artistique dans la classe.

Organisation
de cette année

Part
de l’adulte

L’adulte a une place primordiale dans la classe. Il est membre
du groupe à part entière et doit savoir ne pas prendre trop de
place.

Mon objectif n’est pas de faire connaître aux enfants tout ce
qui a pu exister artistiquement et donc de choisir pour eux ce qui
leur plaît, par contre je vais leur faire explorer différentes
techniques afin qu’ils visitent tous les instruments et faire des
liens vers de productions historiques.

L’adulte propose, encourage, mais ne donne pas son avis. Il
parle de ce qu’il voit, observe un détail, amène un lien avec une
production existante.

Il faut absolument que le propos de l’adulte l’implique et ne
soit pas artificiel.

Au-delà de l’aspect individuel de la pratique, un retour du groupe sur les productions est nécessaire à l’accentuation des pratiques de chacun. À la manière des débats libres mathématiques19, l’adulte devra savoir animer la discussion tout en ne prenant pas une place trop grande.

Il se doit également de libérer les enfants de leurs à priori inévitables et de les rassurer sur leurs pratiques en utilisant des débats libres régulièrement avec pour seul objectif de passer du bon temps en groupe autour de l’art.

Atelier proposé

Pour cela, l’atelier existant ne va pas changer, mais je vais
proposer un atelier différent régulièrement.

Pas tous les jours, mais toutes les semaines.

La particularité de ces ateliers sera de ne mettre à disposition
qu’un outil.

La liberté dans la contrainte.

Le forçage de liberté.20   21   22

Cet atelier sera présenté à la réunion quotidiennement et
rappelé grâce aux productions que les enfants auront produites et
présentées.

Cette pratique de l’atelier avec le choix de l’outil par l’adulte m’est inspirée de Jean Astier23, un enseignant Freinet de Marseille.

Pour bien explorer les techniques, il faudra que l’atelier soit
présent assez longtemps pour que les enfants puissent s’entraîner
et ainsi explorer l’outil et la manière de l’utiliser ou de le
détourner.

Exemples
d’ateliers

  • Utiliser 3 couleurs en peinture et ne préparer que 3 couleurs dans 3 pots.
  • Utiliser juste de la craie grasse.
  • Utiliser du papier, une paire de ciseau et de la colle.
  • Utiliser une seule sorte de pinceau (épais, fin).
  • Utiliser une seule sorte de pinceau (épais, fin).

Atelier permanent

Les outils sont indispensables pour une pratique artistique convenable. Je vais faire le choix d’utiliser des outils moins nombreux, mais de meilleure qualité. Tous les enfants n’auront pas accès à tous les outils en même temps ce qui provoquera un manque et donc une obligation de s’organiser, de réfléchir à la manière de l’utiliser par la suite, d’observer les enfants à l’atelier ou alors de demander comment ils se servent de cet outil, par imprégnation24 ou par l’effet vicariant25.

Organisation

Dans les outils, je ne vais pas proposer de gomme pour que les
enfants se concentrent sur leur production et l’améliore ou la
recommence s’ils pensent avoir fait une erreur.

Les
outils

Ils doivent être visibles.

Ils doivent se prendre facilement, avec un minimum de déplacement.

Ils doivent se ranger facilement.

Ils doivent se nettoyer facilement.

L’espace

Il doit être toujours libre pour être utilisé.

Il doit être facile de s’y déplacer.

L’adulte

Il propose.

Il ne donne pas son avis.

Il doit être vrai dans son propos, pas de réaction artificielle.

Il fait des liens.

Il doit se rendre accessible.

L’enfant

Il doit être libre dans la contrainte.

Il observe.

Il tâtonne.

Il a le droit de s’arrêter.

Il a le droit de recommencer.

Il respecte le matériel.

Des
ressources

La bibliothèque sera une ressource inépuisable avec notamment la
revue Dada, ou alors des magasines de créations artistiques.

Il y aura un classeur d’histoire de l’art proposant des
artistes de tous les temps.

L’affichage sera renouvelé plus souvent que les années
précédentes pour rendre le coin plus vivant.

La
transversalité

Ces productions seront en lien avec l’histoire de l’art (ou
pas) et feront sens dans une structure globale.

Elles donneront lieu à des textes documentaires sur la manière
de faire, pour donner des idées ou bien à des articles de journaux
pour communiquer vers l’extérieur.

Ces créations seront en lien avec les mathématiques ou avec
l’histoire ou la géographie.

Des musées pourront être proposés si les productions
s’accumulent.

Les enfants pourront s’épanouir artistiquement et s’exprimer
à travers des supports variés et différenciés selon leurs
avancées personnelles. Le respect de chacun sera primordial.

Annexe n°1 – Production artistique / liens historiques

Voici la production libre d’un enfant de la classe.

Art brut – Chaissac 196026

Art abstrait – Paul Klee 193027




Lire se livre, Jean-Pierre Lepri

Qu’est-ce que lire?

Voilà la question à laquelle répond Jean-Pierre Lepri dans son livre Lire se livre.

Dans Lire se livre28 29, Jean-Pierre Lepri regroupe un de nombreux textes personnels, étayés de nombreuses études et de réflexions, explicitant ce qu’est la lecture.

Ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils lisent, tandis que les nôtres comprennent…

Jules Ferry 1881.

Jean-Pierre Lepri est un ancien IEN30 (Inspecteur de l’Éducation nationale) et professeur des écoles31. Il s’est spécialisé sur les questions de la lecture dans le monde entier, et notamment à l’UNESCO32. Il est le fondateur de l’association CREA-Apprendre la vie (Cercle de réflexion pour une ‘éducation’ authentique)33.

Il pense que la lecture ne s’apprend pas par une méthode, qui va toujours à quelqu’un mais ne va pas à un autre, mais qu’il faut absolument faire passer le sens avant toute chose.

LIRE C’EST COMPRENDRE

C’est un livre qui replace les choses au vu des sciences humaines et non pas que par la vision des sciences cognitives grâce à des années d’expérimentations.

Il remet en question pas mal de propos de la télévision et de la presse grand public et apporte une réflexion sereine.

Une lecture indispensable selon moi.

Voici des liens vidéos en rapport avec la lecture, donc notamment une conférence de madame Chenouf qui a été ma PIUMF de français à l’IUFM.

Présentation vidéo du livre

Présentation du livre Ami Ami par Yvanne Chenouf

Extrait d’une conférence de Jean-Pierre Lepri




Chroniques de Bernard Collot

Bernard Collot a enregistré au format audio une cinquantaine de chroniques sur la pédagogie 3type.

C’est simple, facile d’accès et accessible à tous.

Ce sont des chroniques permettant de mieux cerner les tenants et les aboutissants de la pédagogie 3type.

C’est éclairant et permet une entrée simple pour mieux comprendre cette simplexité34.

CHRONIQUES AUDIO PÉDAGOGIE 3TYPE

Bonne écoute.




1995 – Les enfants d’abord

Reportage dans la classe unique de Bernard Collot de Moussac dans la Vienne. On y voit une intervention de Paul le Bohec qui parle du texte libre mathématique35.

Épisode n°1

Épisode n°2




Bernard Collot

Bernard Collot

Au départ enseignant Freinet, Bernard Collot a expérimenté, avec d’autres, une pédagogie de la communication appelée pédagogie 3type.

Il a enseigné de nombreuses années dans une école classe unique, de Moussac dans la Vienne, où il a pu pousser au bout de la logique les techniques Freinet.

Il a milité longuement au sein de l’ICEM, et a créé les CREPSC (Centre de Recherche Des Petites Structures et de la Communication) afin de lutter contre la destruction des classes uniques.

À partir de ce réseau et d’autres il théorisa la pédagogie de la structure et de la communication, ou pédagogie 3type composée de 4 piliers indispensables à sa mise en œuvre:

  • classe unique hétérogène,
  • organisation en ateliers permanents,
  • réunion quotidienne,
  • archivage des productions

Bernard Collot a écrit de nombreux ouvrages sous diverses maisons d’édition (voir sa bibliographie sur la page de son blog personnel):

  • 2002 – Une école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche36.
  • 2011 – l’école de la simplexité37.
  • 2012 – Chroniques d’une école du 3ème type 38.

Il a aussi théorisé sa pratique de classe sur un ancien blog personnel39, sur des chroniques audio40 ou bien sur une page où toutes les notions abordées sont réunies41.

Il a également participé à de nombreux reportages ou émissions télévisées:

  • 1993 – Vive les instits42
  • 1995 – Les enfants d’abord43
  • 2014 – Les maternelles44




L’arbre des connaissances

“Personne ne sait tout, mais tout le monde sait quelque chose…”

Michel AUTHIER et Pierre LEVY, enseignants-chercheurs, ont imaginé, au début des années 90, « les arbres de connaissances », outil dynamique pour développer le partage des connaissances de toutes sortes.45

Afin de valoriser chaque personne au sein du groupe, nous avons réfléchi à un outil permettant à chacun de trouver sa place dans le groupe :

Les arbres de connaissances46 47 48

Base de l’outil

L’outil informatique existe déjà avec le site arbustes.net49 créé par Philippe Ruelen50.

Chaque enfant rentre ses réussites dans sa base de données et voit son arbre se développer doucement.

Il modifie également l’arbre des connaissances collectif.

Cet outil permet à l’enfant de voir son état à un instant T, les connaissances de la classe et voit qui peut l’aider.

Ce site étant accessible à la maison la famille peut également rentrer les réussites des enfants et ainsi le lien entre les lieux d’apprentissages n’est plus dissocié.

Nous apprenons partout à tout moment.

Malheureusement dans ma classe les parents ne se servent pas ou mal de l’outil informatique qui devient inutilisable dans l’état par les enfants.

Nous avons donc cherché à trouver une solution intermédiaire permettant de créer le lien entre l’école et la maison tout en permettant à l’enfant de se voir évoluer individuellement et au sein du groupe.

Un outil complexe pour la classe

La principale difficulté que nous avons rencontrée est de trouver une simplicité d’utilisation pour cet outil complexe.

Il y aura plusieurs espaces bien délimités pour que chacun s’y retrouve.

Classeur individuel

Outil d’organisation

Chaque enfant aura un classeur avec des intercalaires de chaque domaine scolaire :

  • français: Langue française à l’oral et à l’écrit.

  • Mathématiques: Langages mathématiques, scientifiques et informatiques.

  • Langues: Langues étrangères et régionales.

  • Systèmes: Systèmes naturels et techniques (sciences, problèmes …

  • Monde: Représentation du monde et activité humaine (géographie, histoire).

  • Citoyenneté: Formation de la personne et du citoyen.

  • Arts et corps: Arts visuels, musique, EPS …

  • Méthodes: Apprendre à apprendre, seuls ou collectivement, en classe ou en dehors (accès à l’information et à la documentation, outils numériques, conduite de projets individuels et collectifs, organisation des apprentissages)

Quand un enfant pense avoir réussit quelque chose il prend en photo sa production et la place sur une fiche de réussite. Avec l’adulte elle est rangée dans l’intercalaire choisie. Cette étape permet à l’enfant de s’organiser.

Outil de communication

Ce classeur peut être amené à la maison et donc être montré aux parents à l’instar du cahier de vie de la classe en maternelle51.

Il permet aussi aux enfants de rentrer leurs réussites familiales et ainsi les rentrer facilement dans ce classeur.

La communication va dans les deux sens :

école → maison → école

On apprend à tout moment et dans tout lieu.

Cela permet à chacun de s’apercevoir que tous les instants sont bons pour apprendre.

Exemple de fiche de réussites individuelle

Liens avec arbustes.net

Les réussites du site arbustes.net sont devenues inutilisables car mal rentrées. Plus personne n’y va et ne s’occupe de son jardin personnel et ainsi l’outil collectif est inutilisable.

Pour éviter cela, le classeur est un outil médiateur entre l’enfant, les parents et le site.

Régulièrement, l’enfant, avec l’adulte dans un premier temps puis en autonomie, les nouvelles réussites sont rentrées dans son jardin. Elles sont normées, facilement retrouvables et surtout lisibles.

Le jardin personnel et l’arbre de la classe ainsi nettoyées redeviennent lisibles.

L’arbre de la classe

C’est un espace de communication et de reconnaissance dans le groupe.

Espace de communication

Les arbres sont rangés par domaine scolaire, comme pour le classeur individuel, et les enfants qui le souhaitent développent l’arbre grâce aux réussites ajoutées.

Les enfants qui le souhaitent viennent chercher de l’inspiration dans la banque de réussites déjà inscrites, et peuvent développer l’arbre grâce à leurs réussites individuelles.

C’est aussi un espace où l’on peut venir chercher des personnes ressources volontaires si l’on a besoin d’aide.

Personne ressource

Lors de la réunion et la mise en place d’une nouvelle réussite, les enfants qui le souhaitent peuvent se mettre personne ressource pour aider lorsque les autres en ont besoin.

Il n’y a aucune obligation, et l’enfant n’est pas obligé de rester ressource, s’il désire ne plus l’être il peut enlever son nom quand il le souhaite (ou le remettre d’ailleurs).

Ainsi l’aide peut être trouvée auprès de l’adulte de la classe ou auprès des enfants ressources dans l’arbre des connaissances du groupe.

Archivage

Sous chaque arbre il y aune boite où chaque fiche de réussite est rangée et numérotée comme sur la feuille de l’arbre afin de la retrouver plus facilement.

Il faudra une boite rigide (carton ou métal) et des prote dossiers pour pouvoir ranger très facilement chaque réussite.

Boite à réussites

Tous ces outils complexifient énormément la communication des réussites. Pour éviter cet écueil il y aura une boite à réussites dans le coin réunion.

Quand un enfant le souhaite il pose une réussite dans cette boite et elle est examinée pendant le temps de réunion par le groupe qui la valide et choisit de la ranger dans une ou plusieurs branches de l’arbre collectif.

Il y a plusieurs avantages à ce moment important :

  1. Regrouper toutes les réussites à un même moment pour ne pas être submergé et/ou ne pas les oublier.

  2. Communiquer au groupe ces réussites afin qu’il soit au courant de leur existence.

  3. Le rangement de la réussite par la réunion implique tout le monde dans celle-ci. Le groupe s’est investit dans son classement.

Chemin d’une réussite :

  • Par le biais du classeur individuel → l’enfant choisit de rajouter une réussite dans la boite et ainsi fixé sa réussite au sein du groupe.

  • Par le biais de l’adulte → l’enfant est sollicité par l’adulte qui s’aperçoit d’une réussite de l’enfant et lui demande s’il ne veut pas la rentrer dans l’arbre collectif.

  • Par le biais de l’enfant lui-même → il réussit quelque chose, le prend en photo et la pose directement et rapidement dans la boite.

Quand une réussite est validée, l’enfant va la placer dans l’arbre collectif et dans son classeur.

La réussite dans l’arbre collectif

Pour de réduire l’esprit de compétition, les réussites portent un nom d’item mais l’enfant qui a réussit ne met qu’un point de couleur. Le nombre de points sur la feuille montre l’état de la réussite dans la classe.

Par contre en dessous, les enfants ressource inscrivent leur prénom sur un feuillet mobile et acceptent d’être sollicité par les autres s’ils en ont besoin.

Être personne ressource n’engage pas indéfiniment l’enfant et il peut changer cette situation à tout moment.

Matériel nécessaire

  • Classeur individuel → format A4

  • pochettes transparentes → format A4

  • Intercalaires → format A4+

  • Boites d’archivages → rigide

  • Portes dossiers → facilement déplaçables

  • Boite à réussite (réunion) → rigide

Chemin d’une réussite

Bilan

Voilà un outil simple d’utilisation et visuel. L’état du groupe est facilement visible et permet à chacun de trouver de l’aide ou de l’inspiration s’il y en a besoin.

La reconnaissance individuelle est prise en compte et les parents pourront s’apercevoir de l’évolution de leur enfant.

La centralisation grâce à la boite à réussite de la réunion apporte une souplesse d’utilisation.

La structure est assez souple pour permettre aux enfants de s’emparer de l’organisation pour la modifier au fil du temps.

 

Fichiers annexes

Feuillet arbre des connaissances
Fiche de réussites pour la réunion
Fiche de réussites individuelle
Feuillet arbre des connaissances

Fiche de réussites pour la réunion

Fiche de réussites individuelle

Premier retour d’expérience

Ce que j’ai revu:

  • D’abord le classeur individuel est abandonné, car jugé trop lourd par les enfants (et par l’adulte également). L’archivage se fait sur arbustes.net dans l’espace personnel de chacun. Pour le moment c’est moi qui le rempli pour la plupart des enfants pendant le temps de réunion.
  • Les fichiers à afficher sont plus simples d’utilisation: plus faciles à couper et moins grands pour gagner de la place sur le mur.

  • Les personnes ressources s’inscrivent sur des petits post-it, qui sont plus simples. Ils permettent également d’économiser le papier d’imprimante et les cartouches.
  • La boite à réussites s’est transformée en feuille d’inscription pour également économiser le papier et s’éviter des coupes inutiles.
  • Pour lancer le mouvement, je prends 1h dans la semaine (en fin généralement) pour mettre à jour les réussites avec chaque enfant.

L’arbre de la classe (fin septembre 2018)

Photo de l’arbre de la classe (fin septembre 2018)
L’arbre de la classe plus prêt(septembre 2018)
Une fiche de réussite (septembre 2018)
Photo de l’arbre de la classe (fin septembre 2018)

L’arbre de la classe

L’arbre de la classe plus prêt(septembre 2018)

2 feuilles de l’arbre.

Les post-it sont des personnes ressources.

Chaque case colorée permet de savoir combien d’enfants ont cette réussite.

Une fiche de réussite (septembre 2018)

Une fiche de réussite

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