Une expérience d’écri-lecture

Une pratique d’écriture en classe qui a permis de mettre en place une ambiance favorable au développement de l’écrire et du lire.

Depuis deux ans, dans ma classe unique (CP/CM2) une ambiance sereine a été mise en place afin de favoriser les apprentissages de l’écrit et du lire.

Inspiré des techniques Freinet d’écrilecture, les enfants écrivent tous, sans contrainte de l’adulte, le seul contrat accepté par tous:

On doit écrire un peu tous les jours.

Plusieurs outils sont utilisés dans la classe.

1 – Le texte libre libre de Paul Le Bohec.

Inspiré du livre de Paul Le Bohec.1

Chaque enfant est libre d’écrire ce qu’il souhaite, tout ce qu’il souhaite. J’accepte de recevoir tous les écrits quelqu’ils soient.

Je pars d’un dessin ou de ce que veut écrire l’enfant (dictée à l’adulte ou texte libre), qu’il pourra lire s’il le souhaite à tout le groupe lors de la réunion du matin. Les enfants ont le droit d’écrire tout ce qu’ils veulent, j’accepte absolument tout et je corrige tout ce qu’ils posent dans la boite à corriger.
Au début je me retrouve avec des textes très particuliers des enfants, avec parfois des gros-mots, mais s’ils le désirent on le corrige. 

La correction:

Elle se fait toujours en aparté: si c’est le texte d’un enfant je le corrige avec lui. Je lui corrige les fautes en lui expliquant son erreur mais rien de plus. Bien entendu j’utilise les outils (dictionnaire, bescherelle, mots personnels etc…) Ainsi, au fur et à mesure, l’enfant prend une part plus importante dans sa correction et s’investit d’autant plus. Il aura au moins appris à se servir de ces outils.
Il doit recopier son texte. Si j’ai pris le temps de le corriger il se doit de le recopier au propre. Les erreurs sont ainsi corrigées par imprégnation2.
Au fur et à mesure des différentes corrections, l’enfant ne fait plus les erreurs les plus fréquentes.
Si jamais il y en a qui reviennent quand même, j’envoie l’enfant au fichier d’orthographe à une ou deux fiches particulières.

2 – Fichier d’orthographe

On s’en sert que si on en a besoin, dans un objectif précis.

Ce sont les fichiers PEMF3 vendus dans le commerce.

Ils permettent une utilisation individualisée et surtout de rendre la correction personnalisée selon les besoins.

3 – Ah bon! Vous écrivez ensemble

Pratique issue du document de l’éducateur n°172 173 1744.

On a toute la journée pour écrire son texte libre. Si jamais on n’a pas d’idée, et cela arrive souvent, tous les enfants qui n’ont pas eu d’idée se réunissent et on échange, on se libère, on discute et souvent cela provoque la situation se débloque. ALors soit l’enfant va écrire de sutie, sinon on ajoute un post-it au tableau de bord de la classe pour que le lendemain il se souvienne de son idée.
Régulièrement, on pratique avec les enfants qui le souhaitent, souvent ceux qui n’ont pas d’idée pour écrire, Ah! vous écrivez ensemble.
Là aucun but d’orthographe, de conjugaison ou quoi que ce soit. On écrit, pour rire, pour dédramatiser, pour se faire plaisir et on jette.
Les enfants adorent et cela permet à chacun de réaliser qu’écrire est un grand moment d’émotion. Cet outil a pour moi comme seul objectif de libérer la plume.

4 – Les recherches documentaires.

Les recherches documentaires qui donnent lieu à des pagettes5 ou des exposés.
La correction est comme tous les autres textes, en individuel et après on recopie.

5 – Les débats libres de français

Les débats libres de français. On appelle cela toilettage dans la classe, mais l’objectif n’est pas corriger les fautes, mais de jouer avec la langue.
Le vendredi, on fait un choix de texte. Ce texte sera l’objet de plusieurs ateliers la semaine suivante.
Le toilettage (débat libre de français) -> les enfants qui souhaitent participer, viennent. On lit le texte (corrigé au préalable par mes soins), on échange dessus, on le modifie selon l’envie du groupe. on rit, on joue avec la langue et on obtient un nouveau texte. (voir en pièce jointe le texte originel et toiletté)
Atelier de lecture -> pour les plus jeunes, on vient apprendre à lire.
Atelier d’illustration -> Les enfants qui le souhaitent illustrent le texte de la semaine. (voir en pièce jointe un exemple d’illustrations sur le texte.

Conclusion

Cette organisation, plutôt complexe permet à chacun de s’y retrouver dans l’écrit.

J’ai cette année, après deux années de pratique une classe libérée par l’écrit. Les fautes s’amenuisent au fil du temps, en laissant le temps à chacun de s’approprier la grammaire et l’orthographe.

Par exemple, j’ai un enfant (considéré comme phobique scolaire à son arrivée) qui écrivait très peu et avec beaucoup de fautes (1 à 2 par mot) était totalement découragé par l’écrit. Du coup il écrivait peu, voir pas du tout. Le temps qui lui est laissé lui a permis de se libérer, et l’accueil de ses textes même bourrés de fautes lui a donné confiance. Il a abandonné l’orthophoniste, il se prend de passion pour l’écrit et produit plus que de raison. Maintenant qu’il produit pour le plaisir, je ne lui demande plus d’écrire tous les jours et pourtant j’ai toujours plus de textes à corriger. 

Cela fonctionne pour tout le groupe. Il y a encore un enfant qui bâcle son écrit du jour, mais il le bâcle de plus en plus long (commence-t-il à prendre plaisir? Ou alors commence-t-il à y voir un intérêt?)

Voilà pour mon expérience sur l’écrit. Pour moi il est important que l’enfant ne se retrouve pas démuni et prenne plaisir à s’exprimer.

Expression-création sont les maitres mots pour moi. On écrit pour de vrai, on lit pour de vrai et pas pour l’adulte.